Oh que j'envie les images parfois - l'immédiateté d'une photo, d'une expression qui se pose là, en vis à vis, pourvu que l'on ait l’œil pas trop fermé, celui du milieu du front comme les deux autres. Et nous on est là à ramer avec nos mots, à les aligner de façon à ce qu'ils accrochent, qu'ils infusent, à espérer qu'ils veulent bien dire ce qu'ils veulent dire, quelque chose pour quelqu'un, au moins ça. J'aimerais tant être photographe par moment, juste au bon moment. Cela semble dingue, de tenter avec de petits signes sombres de communiquer... magie du langage écrit...
Oui, il y a des jours où je m'étonne de tout.
Wednesday, July 6, 2016
Tuesday, July 5, 2016
/// echo ///
Lancer des mots comme des sondes - pour voir l'effet que ça fait, dans le fond...
Lancer des mots comme des boomerangs, pour voir s'ils nous reviennent transformés...
Lancer des mots comme des mouettes rieuses, pour crier que l'on est vivant.
Lancer des mots comme des boomerangs, pour voir s'ils nous reviennent transformés...
Lancer des mots comme des mouettes rieuses, pour crier que l'on est vivant.
Wednesday, June 29, 2016
récolte / trajet
Debout dans mon dos, adossé au strapontin derrière moi, il avait des rastas tellement longs et touffus que j'ai dû passer le trajet assise en biais, colonne vertébrale en diagonale, pour éviter un tête à tête, un cheveux à cheveux, un entremêlement capillaire, une migration de poux ?!
Je l'ai aperçue sur la place de la Villette, toute petite moulée dans son jean en train de papillonner autour d'un ami, avec des faux cils tellement sévèrement recourbés que l'on aurait pu s'enfourcher dessus, à chaque clignement comme des froissements d'air, elle n'aurait pas pu porter de lunettes avec un tel dispositif, dispositif qui j'espère lui apportera les résultats positifs escomptés.
Petite fille d'à peine un mètre de hauteur en robe d'été rayée noir et jaune comme un petit panneau routier, deux petites tresses-couettes attachées par des élastiques jaunes, petites sandalettes style Birkenstock d'un mauve électrique, une petite déesse maya, une petite Maya l'abeille new age, avance en sautillant, petite et radieuse.
Je l'ai aperçue sur la place de la Villette, toute petite moulée dans son jean en train de papillonner autour d'un ami, avec des faux cils tellement sévèrement recourbés que l'on aurait pu s'enfourcher dessus, à chaque clignement comme des froissements d'air, elle n'aurait pas pu porter de lunettes avec un tel dispositif, dispositif qui j'espère lui apportera les résultats positifs escomptés.
Petite fille d'à peine un mètre de hauteur en robe d'été rayée noir et jaune comme un petit panneau routier, deux petites tresses-couettes attachées par des élastiques jaunes, petites sandalettes style Birkenstock d'un mauve électrique, une petite déesse maya, une petite Maya l'abeille new age, avance en sautillant, petite et radieuse.
Tuesday, May 10, 2016
LH
1
Si heureuse de retrouver la mer que je voudrais me fondre dans le décors. Ce que je fais, je m'allonge sur les galets et ne bouge plus, je me propose au ciel, je deviens galet heureux et inerte. Je crame, je n'ai pas officialisé l'étape plage, pas encore acheté de crème solaire, pas encore de maillot. Je n'ai pas de natte rembourrée, je suis rouge et cabossée. Le lendemain je me réveille comme un phare, tête qui tourne et allumée, trop de lumière la veille, cervelle en vrille. Heureusement qu'ici la ville est tranquille, la vie aussi, je sais qu'elle ne m'embêtera pas, elle n'emboitera pas le pas sur mes pensées, elle les laisse s'écouler, me tolère généreusement. Mes genoux sont écarlates. Mon corps tout entier s'acclimate. Mes poumons pompent à nouveau, ils atteindront ces prochains jours leur capacité d'extension maximale. L'air de la mer mine de rien donne une mine de marin, donne tout ce qu'il faut, je me sens embrassée, arrivée à bon port.
2
J'ai passé tellement de temps allongée à la plage que le soir dans mon lit je sens encore le poids de mes lunettes de soleil sur le nez. Nez assez rouge en comparaison avec le contour des yeux resté blanc, sorte de masque de bronzage balnéaire. Un bateau de croisière a dû déverser des touristes, de petits groupes trottinent puis s'agglutinent le long des quais, ils n'ont pas l'air d'apprécier tant que ça la terre ferme, se demandent où ils ont mis les pieds. Le Havre a une excuse béton. Elle ne se saisit pas comme n'importe quelle ville, elle qui a scellé un pacte avec la mer, sa force vient de son ouverture, c'est une forteresse inversée, une métaphore-sémaphore de la largesse, une ogresse aérovore. Et puis cette lumière, bon sang, s'arrêtera-t-on jamais d'en parler ?! Cette ville est un anti-mirage, c'est un miracle bien réel, réceptacle et diffuseur de particules lumineuses qui s'agrippent aux parois, qui éclaire comme parfume un parfum.
Si heureuse de retrouver la mer que je voudrais me fondre dans le décors. Ce que je fais, je m'allonge sur les galets et ne bouge plus, je me propose au ciel, je deviens galet heureux et inerte. Je crame, je n'ai pas officialisé l'étape plage, pas encore acheté de crème solaire, pas encore de maillot. Je n'ai pas de natte rembourrée, je suis rouge et cabossée. Le lendemain je me réveille comme un phare, tête qui tourne et allumée, trop de lumière la veille, cervelle en vrille. Heureusement qu'ici la ville est tranquille, la vie aussi, je sais qu'elle ne m'embêtera pas, elle n'emboitera pas le pas sur mes pensées, elle les laisse s'écouler, me tolère généreusement. Mes genoux sont écarlates. Mon corps tout entier s'acclimate. Mes poumons pompent à nouveau, ils atteindront ces prochains jours leur capacité d'extension maximale. L'air de la mer mine de rien donne une mine de marin, donne tout ce qu'il faut, je me sens embrassée, arrivée à bon port.
2
J'ai passé tellement de temps allongée à la plage que le soir dans mon lit je sens encore le poids de mes lunettes de soleil sur le nez. Nez assez rouge en comparaison avec le contour des yeux resté blanc, sorte de masque de bronzage balnéaire. Un bateau de croisière a dû déverser des touristes, de petits groupes trottinent puis s'agglutinent le long des quais, ils n'ont pas l'air d'apprécier tant que ça la terre ferme, se demandent où ils ont mis les pieds. Le Havre a une excuse béton. Elle ne se saisit pas comme n'importe quelle ville, elle qui a scellé un pacte avec la mer, sa force vient de son ouverture, c'est une forteresse inversée, une métaphore-sémaphore de la largesse, une ogresse aérovore. Et puis cette lumière, bon sang, s'arrêtera-t-on jamais d'en parler ?! Cette ville est un anti-mirage, c'est un miracle bien réel, réceptacle et diffuseur de particules lumineuses qui s'agrippent aux parois, qui éclaire comme parfume un parfum.
Saturday, January 2, 2016
***
Assez des crustacés !
En 2016 on pulvérise les coques et on nage à même la mer.
Même Pince-mi (l'artiste-crabe résident de ce blog, voir ci-dessus) va tenter sa chance.
Amour est désarmement. Que l'année vous soit belle, libre et aventureuse.
Bises affectueuses
En 2016 on pulvérise les coques et on nage à même la mer.
Même Pince-mi (l'artiste-crabe résident de ce blog, voir ci-dessus) va tenter sa chance.
Amour est désarmement. Que l'année vous soit belle, libre et aventureuse.
Bises affectueuses
Monday, November 30, 2015
-
Osons user de la salive, former des mots pour mettre en perspective,
pour fabriquer de quoi s'agripper, tailler ses prises, donner du relief,
se hisser, franchir les murs.
---
(à lire comme un rap, à dire comme un slam.)
Dans une cour du 19ème arrondissement
quelque chose ne tourne pas rond
les angles s'aiguisent
les langues se taisent
les anges s'étranglent
une sale escalade
---
l'appel de la cascade
le tournis du vide
l'emprise des frangins
le besoin d'un destin
on ne ronge plus ses ongles
on les lime ce sont des griffes
---
tourner autour des buttes
trouver le matos
toutes des putes
vive le pathos
ou plutôt thanatos
mortifère mousquetaire
---
fractures sismiques
factures ouvertes
faire payer
prendre chair
qui ne trouve pas de place
part à la chasse
---
ça n'excuse rien. mais il me faut comprendre.
Dans une cour du 19ème arrondissement
quelque chose ne tourne pas rond
les angles s'aiguisent
les langues se taisent
les anges s'étranglent
une sale escalade
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l'appel de la cascade
le tournis du vide
l'emprise des frangins
le besoin d'un destin
on ne ronge plus ses ongles
on les lime ce sont des griffes
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tourner autour des buttes
trouver le matos
toutes des putes
vive le pathos
ou plutôt thanatos
mortifère mousquetaire
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fractures sismiques
factures ouvertes
faire payer
prendre chair
qui ne trouve pas de place
part à la chasse
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ça n'excuse rien. mais il me faut comprendre.
Friday, November 27, 2015
//
Petite grand mère bien en chair portant sur son dos sa taille et son poids en contrebasse avance toussotante à raz bord du trottoir.
Ça sent le sapin devant le fleuriste qui a fait de sa parcelle de trottoir bordée de branches une haie d'honneur verte et odorante.
Ça sent le sapin devant le fleuriste qui a fait de sa parcelle de trottoir bordée de branches une haie d'honneur verte et odorante.
Thursday, November 19, 2015
X
J+6
Sensation d'être liée à la ville, intimement, le regard posé sur ses rues et décors, des regards caresses. Est-ce que la matière réagit ? Je ne crois plus aux objets inanimés. Même les murs se sont réveillés. L'âme de Paris est partout ces temps-ci. Ne serait-ce que par ricochet de ce que projettent nos regards, de ce que cherchent nos yeux. Nous sommes en échange, nous sommes en communion. Je suis au monde plus qu'avant. Un bastion de plus. Paris jamais ne sera vaincue.
Extraire toutes ces boules de tous nos ventres, dénouer ses noeuds dans nos gorges, et tout faire briller, notre force et notre amour, une puissance déployée, retentissante. Quelle symphonie.
Sensation d'être liée à la ville, intimement, le regard posé sur ses rues et décors, des regards caresses. Est-ce que la matière réagit ? Je ne crois plus aux objets inanimés. Même les murs se sont réveillés. L'âme de Paris est partout ces temps-ci. Ne serait-ce que par ricochet de ce que projettent nos regards, de ce que cherchent nos yeux. Nous sommes en échange, nous sommes en communion. Je suis au monde plus qu'avant. Un bastion de plus. Paris jamais ne sera vaincue.
Extraire toutes ces boules de tous nos ventres, dénouer ses noeuds dans nos gorges, et tout faire briller, notre force et notre amour, une puissance déployée, retentissante. Quelle symphonie.
Tuesday, November 10, 2015
;
échantillons.
8h35. Le vendeur d'un petit bazar rue Rochechouart tapote d'un plumeau couleur arc-en-ciel de grosses paires de chaussettes blanches présentées en devanture de son étalage. Ménage matinal.
8h36. Je croise la petite concierge probablement portugaise teinte en blonde d'un immeuble plus haut dans la rue chargée de trois baguettes et vêtue de sa polaire bordeaux plus tard que d'habitude.
8h37. Petit attroupement non-idéalement placé entre les travaux et l'entrée du métro provoquant mécontentement visible mais silencieux des passants - une mère s'acharne sur la fermeture "éclair" du petit garçon, ses sœurs trépignent, la poussette reste placide, ça circule tant bien que mal.
8h40. Ligne 8, une jeune parisienne assise sur un strapontin en heure de pointe avec des mains aux ongles rouges qui entourent un café à emporter - le couvercle blanc est maculé de rouge à lèvres, carnage rouge, elle s'agrippe jusqu'à Chemin Vert.
8h35. Le vendeur d'un petit bazar rue Rochechouart tapote d'un plumeau couleur arc-en-ciel de grosses paires de chaussettes blanches présentées en devanture de son étalage. Ménage matinal.
8h36. Je croise la petite concierge probablement portugaise teinte en blonde d'un immeuble plus haut dans la rue chargée de trois baguettes et vêtue de sa polaire bordeaux plus tard que d'habitude.
8h37. Petit attroupement non-idéalement placé entre les travaux et l'entrée du métro provoquant mécontentement visible mais silencieux des passants - une mère s'acharne sur la fermeture "éclair" du petit garçon, ses sœurs trépignent, la poussette reste placide, ça circule tant bien que mal.
8h40. Ligne 8, une jeune parisienne assise sur un strapontin en heure de pointe avec des mains aux ongles rouges qui entourent un café à emporter - le couvercle blanc est maculé de rouge à lèvres, carnage rouge, elle s'agrippe jusqu'à Chemin Vert.
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