Sunday, September 20, 2026

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Voir le soleil se lever depuis le wagon bar. Délice du déplacement. Nos corps sont faits pour être transportés, enfin, ils en ont besoin, le mien en a besoin, de ses apports en transports pour être confort.

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Le ciel fait des propositions étranges ce matin, nuage gris mauve en forme de sous-marin nucléaire apparu alors que le soleil se lève, toujours sans effort, comme s'il n'était pas cette masse de feu immensément lourde - mais d'où vient toute cette énergie qui fait que tout tourne, tout tient ? Pendant combien de temps encore ?

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Quand on rêve d'arriver, le meilleur moyen d'y arriver est de partir. Implacable logique de train. Arriver, pas pour rester, mais comme pour toucher une borne, une balise et continuer délestée et rechargée, dans une version plus juste de soi.

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Drôles de trajectoires qu'empruntent les livres avant qu'ils ne viennent à nous, en créatures toujours un peu sauvages, qui viennent d'ailleurs, qui viennent de l'autre. Truite saumonée aperçue au loin (me fait de l'oeil sur l'étal d'un libraire), perdu de vue et réapparue (un post insta) qui finit devant mes yeux (un.e ami.e m'en parle). 1, 2, 3, alors il faut aller le pêcher et vite, parce que c'est le moment de la rencontre. Prendre ce qu'il a à nous apprendre, entendre le message qu'il délivre. Toujours il délivre. (Il y a déjà le mot "livre", de toute façon.) Et le relâcher, à travers nos paroles et actes transformées. 

(Scénario idéale pour truite de qualité)


Sunday, August 23, 2026

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Danser au rythme de la vie de la mort de la vie, dixit le livre en cours. Août, dans l'ombre du doute.

Wednesday, August 19, 2026

dream

Currently on jawline ferry slowly cruising to cheekbone island

Planning on staying

simple

En cas de tendance à la sur-intellectualisation, s'en tenir à une explication qu'un enfant de 8 ans pourrait aisément comprendre et restituer. Quel que soit le sujet. 

La vertu de la simplicité. Ou quand la simplicité est une vertu. Pas besoin d'en faire des caisses. Assurément l'une des raisons pour lesquelles certains poèmes de bell hooks m'ont autant touchée - ils sont de la simplicité d'une comptine, se lisent aussi facilement que l'on cueille un fruit mur, parfaitement chargé de suc, de sève, de vivant. Celui-ci par exemple m'a fait l'effet d'une piqure d'adrénaline servie dans un dé à coudre fleuri par un ange aux yeux bleus. 


don't let

your loving

take too long

you may come

too late

and i'll be gone

don't let

fear

make you stray

don't wait

on heartbreak

to show the way

insécable

Que peuvent les mots ? Impression de jouer au squash en cellule, des balles, des bulles, alors qu'il faudrait tirer à balles réelles, out there, mobiliser les mots pour se ventouser au réel. Traduire une vérité comme une pierre insécable, dans toutes les langues. Être dur dans sa douceur pour permettre aux autres de se cogner à du vrai. Se cogner à du vrai, c'est déjà rebondir, déjà se soigner.


(Cette image de la pierre insécable me vient d'un poème de Clara Ysé, que je recopie ci-dessous, car je le trouve vraiment très beau. Tout le recueil, Vivante, m'a été d'un grand secours ces derniers mois.)


Mon amour

Pierre insécable au fond du ventre

Translucide

Et brillante

!

Ce billet pour contribuer à la conversation, un billet pour la cagnotte. La voix du choriste des derniers rangs, la patate du fermier du bout du champ. Chacun est une planque mais que planque-t-on ? Potentiellement, de la nourriture vitale pour une baleine à bosses. Autant ne pas écrire si c'est pour ne pas se faire rire.

Parfois il y en a marre de se taire, quand se taire devient se terrer il faut sortir le museau du terrier. A force d'engranger les lectures (dieu merci il y a les livres !!!) tel un papillon papivore survivaliste (desperate times, hungry readers) je ressens le besoin de déplacer ne serait-ce qu'un tout petit peu d'air, quelques particules, sans message particulier, un message massage de mots pour me remettre en selle, me sentir celle qui écrit, aussi.

A très vite.

Saturday, January 31, 2026

mon foie

Mon acuponctrice active mon foie, me dit qu'il sent le printemps qui pousse, les plantes qui se préparent. Corps, terre, même combat.

Non, le printemps n'est pas tendre ! Il tend vers le vert, vertigineusement impatient, plein à en découdre, certain devenir et de vaincre.

Il ne demande qu'à exploser, enfin, ne demande rien, ça vient et c'est tout - c'est ça bourgeonner, lenteur et force pure.

Être née en février, c'est être née avec cette poussée de printemps. Une accélération innée. 

Pas de fée, une épée : l'envie qui attaque décape célèbre éclate.

(Tant de printemps à me sentir brûlée - pour comprendre que je fais partie du plan. Je suis la bombe. Une toute autre histoire.)

Monday, July 22, 2024

re

C'est une odeur de haie. Puis le gout d'une chouquette toute plate. Sur les galets, une silhouette de profil installée dans sa chaise basse, bob, bedaine et informations dieppoises. Le jet de la douche que le vent fait partir en biais. L'étendu menthe à l'eau et les bouées jaunes. Le son de cloche de l'église toute proche. Le nail art de la vendeuse de chouquettes. Des familles bronzées-rouge qui se claquent la bise entre deux files à la caisse du carrefour d'Offranville, pastis, coca et doritos. Le concept du pack de cristalline. Les plaques rouges (sur les voitures) des riches touristes belges. Les chaussures de plage encore humides. Les vaches. Les hortensias. Le vert des talus et les nuages qui filent. Le ciel. La mer. La belle vie.



Wednesday, December 13, 2023

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Les deux Savoies sont sous l'eau. Au bout du rouleau de papier cadeau.

L'eau vient d'en haut, toute éparpillée en gouttes, mais refait corps ensuite et s'approche des ponts par en-dessous. Des ponts pendent les décorations de Noël, longs filaments, l'eau les attrape presque et je m'imagine une sorte de court-circuit lumineux au moment du contact, comme si toute l'eau devenait courant électrique en une flambée, traversant la vielle ville façon éclair.

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Les voisins d'en face ont mis en place une illumination festive que l'on pourrait aussi qualifier de pollution lumineuse, tant elle clignote épileptiquement jusqu'à 1h du matin.

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Le soir, quand les crèches sont fermées et les enfants couchés, je croise à vélo des pères et des mères avec un siège enfant vide, transportant un passager fantôme. Il n'y a personne à l'arrière, pas de petite silhouette boudinée au casque fluo, mais peut-être qu'il y a quelqu'un d'autre ou autre chose, invisible cargaison clandestine, qui accompagne l'échappée de celle ou celui qui le temps du trajet se sent libre mais bizarrement hanté.