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Monday, April 24, 2023

süß

Kleine Hunde mit grellen Bällen trippeln triefend am Ufer entlang - ein konzentriert unkoordiniertes Treiben ohne Leine zwischen den Schritten ihrer Herrchen und Frauchen, die über Wetter oder Essen, über letzten oder kommenden Urlaub sprechen. Es ist Sonntag am See und jeder nimmt seinen Lauf ernst.

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Das Boot dreht, und plötzlich ist das Segel eine Messerklinge, die geschmeidig im Wasser rührt.

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Fremde Leute ansprechen, die mir gar nicht so fremd vorkommen, weil sie Deutsch sprechen. Zwei Frauen auf einer Bank, ich unterbreche ihr Telefongespräch und Butterbrotbiss, weil ich mir die Gelegenheit nicht entgehen lassen will. Wer weiß, vielleicht sind das meine zukünftigen Gesprächspartnerinnen? Leider nein, denn es stellt sich heraus, dass die beiden aus Berlin und “nur zu Besuch” in Annecy sind. “Aber deine Frage ist ja total süß".

Monday, June 20, 2022

?

Est-il indien ? Sri-Lankais ? Petit, bronzé, dodu, cheveux fins et blancs sous béret beige, ce monsieur ne parle ni français ni anglais. Il voyage en train de Paris à Annecy et ne cesse de photographier le paysage, toujours à des moments improbables. Un parking désaffecté de la banlieue de Chambéry. Clac. Une zone industrielle vers Aix-les-Bains. Clac clac. Des pavillons à l'abandon. Clac clac clac. Il rate l'infini des champs de blé vers Mâcon et le lac d'Aiguebelette en fin d'après-midi.

Monday, June 13, 2022

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Un monsieur approche sur la promenade, sa barbe si blanche et nettement taillée ressemble à un masque. 

Thursday, June 2, 2022

))

Ce matin je me suis cru en Suède, dans un fjord nordique, un archipel d'eau claire balayé par un vent d'été. Doux et vigoureux à la fois, à faire sortir les vagues du lac, à former des flaques sur la promenade et des moutons blancs, à faire traverser en un temps record le premier véliplanchiste de sortie. Il a plu toute la nuit. Le soleil éclaire le vert sombre des arbres, il y a encore beaucoup d'ombres et le lac n'en est que plus lumineux. Les bateaux chaloupent, la famille de canards chaloupe, tous à cheval sur le lac. Certains pédalos ont tourné, comme s'ils voulaient dire quelque chose à leur voisin sans que la promenade l'entende. Quelques chiens se baignent. La piste cyclable s'active. Quelques coureurs. Il fait bon !

Monday, May 23, 2022

cuisine_03

Dans cette cuisine, j’ai croisé un lézard et liquidé un paquet de biscuits apéritifs Belin que je n’ai pas acheté. J’ai tenté en vain d’y capter Internet et d’y trouver un couteau qui coupe, en revanche j’y ai trouvé les foutus filtres à café et trois machines à café en état de marché.

Cette cuisine a vécu et ne demande qu’un regard neuf pour être vue. Elle accueille les chasseurs et chasseuses, mais surtout les secondes, depuis je ne saurais pas bien dire combien d’années. Les tommettes rouge brique ne sont pas plates, le buffet « blanc » bordé d’un vieux rose est surélevé d’un côté par une planchette en bois. 

Dans l’espace de la grande cheminée, il y a un poêle à bois de la marque Rosières. Plus aucune indication sur la gazinière n'est lisible, mais un post-it pâle rappelle aux étourdis les équivalences en degrés du thermostat. L’eau n’est pas potable, en témoigne deux bonbonnes de Volvic presque vides dont personne ne sait quand elles ont été entamées alors dans le doute ouvrons-en une troisième. 

Une bombe de dégrippant pour les fusils, un magnet Astérix, de la poudre à récurer et des multiprises. Une armée de bougies, une pile d’alarmes incendies sans piles, des allumettes. 

Le papier peint consiste en une trame de losanges aux lignes jaune foncé sur fond jaune pâle, et par-dessus des grappes de raisins et des feuilles de vigne décolorés. Les pans se décollent à plusieurs endroits, la peinture blanche du plafond s’écaille. Pas de tableaux, zéro nature morte de faisan ici.

Je compte cinq chaises en bois autour d’une vieille table en bois étrangement étroite, recouverte d’une toile cirée clouée sur la planche. En principe, personne n’y mange, la table est surface utile, plan de travail, camp de base. 

Pas de couvercles sur les poubelles, énormes bacs noirs ouverts sous l’évier. Mélange de câbles douteux, pleins de brosses, pleins de ciseaux, des pommes de terre qui germent depuis l’été dernier. 

Au frigo, le lait d’amande bio périme aux côtés du jus de tomate premier prix, d’une bière normande et de diverses moutardes, le confinement est passé par là. 

La cuisine donne sur une grande pelouse verte remuée par les sangliers, traversée le soir par des dizaines de lapins. Elle garde la fraîcheur et fonctionne sans broncher, se venge simplement en aspergeant celui qui ouvre trop franchement le robinet. 

Elle me donne envie de lui faire des gâteaux, pour la parfumer un peu, elle ne demande que ça ! Je m’y sens bien.

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Nouveau lieu, nouvelles histoires. 

Je passe quelques jours en Sologne, dans la famille de T, sauf qu'il n'y a pas la famille, juste les murs d'une maison de chasseurs qui regorge de têtes de biche empaillées, de fusils, de bottes Aigle, de bûches, de bonbonnes, de jeux de société, de caisses de vin, de vieux post-its où butternut devient beuternote... Dehors, les oiseaux, les chiens, les moustiques, les lapins, des chevreuils, des canards et des sangliers. A ma connaissance, la liste s'arrête là, mais évidemment qu'elle continue. Il suffit de se retirer du monde pour en retrouver un autre, de monde, infiniment peuplé de vivant. Il y a beaucoup de forêt, des étangs et des noms de terrains étranges (Derrière Billot, La Terre de Feu...), des granges aussi, de vieux tracteurs, des pièges à bêtes, des abris.

Depuis hier, il y a l'orage, mais très peu de pluie. Les éclairs ont traversé la chambre presque toute la nuit, les grondements sont restés à distance, comme déviés par un sorcier. Le matin, nous prenons la grande allée en voiture pour aller trouver Saint Internet, patron des Digital Nomads, chez l'oncle arrivé la veille pour une histoire de forage. C'est contre intuitif, j'ai l'impression de m'enfoncer dans la zone blanche, entre deux pans de forêt épaisse, et de m'éloigner de plus en plus de la civilisation. 

Sur l'allée, une petite voiture type panda sortie de nulle part, portière gauche ouverte, dans la lumière sombre du matin. Plus on s'approche, plus la portière se ferme, lentement, alors qu'il n'y a visiblement personne à l'intérieur. Fantomatique ! Si, sur le siège de droite se tient le gros et très vieux labrador blanc de Marie-France, la gardienne du domaine, probablement partie vérifier le niveau de l'étang. Son pluviomètre est cassé, alors il faut aller voir en personne. On double par la droite, en route pour notre espace de coworking solognot. Étrange navette...

Chez l'oncle, grâce à un boitier, la maigre 4G est amplifiée et suffit à me connecter. Dans "notre" maison, rien à faire, deux barres de 3G, voire Edge tout court, dans la chambre de Berthe (?) si la fenêtre est ouverte, une minute sur deux. Hier soir un soupçon de 4G sur le pallier de la cuisine, évaporé depuis. Le vent souffle dans les chênes et sur les tuiles couvertes de mousse. Nous avions aussi tenté le boitier de Marie-France qui loge en face entre les plantations de fraises et de tomates, mais impossible de déchiffrer le mot de passe (le nom d'un chien, le sien, orthographié avec beaucoup de fantaisie). 

La maison, l'autre, est tellement grande et tellement bien isolée que l'on a l'impression d'être dans un vaisseau spatial. L'oncle télétravaille depuis une chambre où il donne de la voix, il tonne au téléphone (branché sur le dit boîtier), il donne des coups dans les lattes, il se lève et se rassoie et se relève. Depuis sa cellule de contrôle, il commande son cabinet de conseil, des équipes parisiennes toute ouïe. Je le vois en dessin de Christophe Blain. 

Je parlais d'une histoire de forage qui explique la présence de l'oncle et de sa femme un lundi à Molandon - ce beau nom qui monte et qui descend. Ici, chacun creuse et gère son approvisionnement en eau. Il n'y en avait pas assez, trop de coupures, et donc ils ont fait venir une entreprise spécialisée "sourcier et foreur de père en fils". L'oncle nous raconte comment le sourcier (le père) est venu sonder le terrain pour le foreur (son fils) à l'aide d'un authentique pendule à la professeur Tournesol. Il leur a indiqué la profondeur et le débit, l'endroit a été marqué de quelques tuiles et piquets. Aujourd'hui, les revoilà avec les machines géantes, posées sur la pelouse devant la maison comme des insectes d'acier démesurés. Sur plusieurs remorques, des mètres de tuyaux bleu ciel comme des pailles géantes qui serviront à aspirer l'eau des profondeurs argileuses.

Pour intervenir, ils ont dû raser plusieurs mètres carrés de plantes sauvages appelées "arbre à beurre". Les grandes feuilles très vertes servaient autrefois à envelopper les mottes de beurre ! D'où les plantations à proximité des maisons. Le nom latin n'est pas connu.

Alors qu'ils s'apprêtent à creuser, la pluie se remet à tomber de plus belle, en rideau continu. L'eau vient du ciel, arroser le sourcier, le foreur et les ouvriers. Au sec derrières les grandes baies vitrées, je les observe.

"Recherches d'eau"

Tuesday, May 17, 2022

*

Séance d'acupuncture. Avant de commencer, une étape incontournable de la médecine chinoise : l'observation de la langue. Je la tire. Effroi de la praticienne : mais vous avez très froid ? Non, j'ai mangé de la confiture de myrtilles. 

Nous voilà soulagées. 

Autrement, à ce qu'il parait, ma langue va mieux que la dernière fois. Je l'ai moins retournée dans ma bouche je pense. L'apprentissage de l'italien la délie et les pelles la muscle. 

*claquement de langue*

Wednesday, May 11, 2022

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Du bureau, vue sur des jeux pour enfants. Une petite fille en robe rose bonbon s'est installée sur un tourniquet. Elle tourne et tourne, on dirait une barbe à papa. Sauf que pour l'instant, elle ne grandit pas. 

Friday, May 6, 2022

!

Quand depuis la fenêtre de ton espace de coworking tu aperçois un arrêt de bus avec une publicité pour la Grande Fête du Reblochon Fermier (en majuscules), tu sais que tu n'es plus à Paris.

Tuesday, April 26, 2022

*

Entre glycines et lilas, c'est le grand cinéma. Les rues sont parfumées, dans les jardins, les branches lourdes de fleurs, de pluie et de grappes qui gouttent. Une réponse verte, massive, franche, à tous les états d'âme, ovationnée de blanc et de rose. J'imagine Hockney qui dérape sur son iPad, ivre de printemps.

Thursday, April 14, 2022

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Paris et ses angles d'immeubles perchés qui prennent le soleil plus longtemps que le commun des mortels, qui trottent en contre-bas. Ce serait dommage de passer une vie à se passer de vue : il faut monter dans les étages pour caresser les murs du regard et le laisser glisser vers le ciel. 

Monday, March 21, 2022

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J'ai une conjonctivite à l'oeil gauche, photosensible. Pratique : le soleil se couche à droite, je peux continuer à regarder le lac en face l'après-midi. A partir de ce diagnostic, saurez-vous deviner sur quelle "plage" annécienne je me trouve ?

Oui, je mets des guillemets. Il faut me laisser un peu de temps, je n'en suis pas encore au stade où j'appelle "plage" du gazon où paissent (du verbe paître) des canards. 

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Reprise de l'italien et de mes galères de grammaires. Tout beau, tout chantant, je conjugue lentement. En attendant impatiemment un voyage à Turin pour envoyer des rasades de phrases, ouvertes comme des fenêtres qui claquent au vent. Eh !

Thursday, March 17, 2022

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Dehors le ciel est gris, dedans ça sent le gateau. Je ne ressortirai pas, je reste dans le ventre de l'appartement, proche de la cuisine. Ressortissante d'un état gourmand que le reste du monde fatigue. C'est l'effet printemps, qui comme tous les ans m'épuise à avoir tant de ressources, alors que je suis vidée par l'hiver. Des oiseaux piaillent comme des dingues parce qu'ils doivent sentir l'orage arriver, leur concerto traverse les vitres. J'ai fermé les fenêtres alors qu'il fait doux, mais dedans plus doux encore. Chauffage à zéro, four à 170° (car chaleur tournante). Je suis en compagnie de cinq jonquilles qui se sont déjà ouvertes depuis que je les ai achetées, avec aussi un bouquet de tulipes mélangées, mauves. Tout ça a coûté beaucoup trop cher, mais c'est beau. Il reste aussi quelques oeillets un peu desséchés, courts sur pattes. J'ai mis une alarme pour ne pas que le gâteau crame, mais c'est toujours quand j'ai mis une alarme que j'y pense 30 secondes avant que ça ne sonne. Ça sonne.

Wednesday, March 16, 2022

it's a job

Avant le lever du soleil, alors que les montagnes sont d’un bleu gris brumeux, juste avant, quatre cygnes blancs arrivent en volant et viennent se poser sur la pelouse du Pâquier. Atterrissage synchronisé. Ils sont en avance sur les touristes et les petits vieux, sur les poussettes et les sportifs, ils replient leurs ailes, étirent leurs cous et se dégourdissent les pattes palmées. Plus tard, ils se feront chasser, amadouer, admirer, prendre en photo, prendre en grippe. Pour quelques miettes à peine. Juste assez pour développer une probable intolérance au gluten. Mais là, sur l’herbe givrée, ils sont seuls à quatre, maîtres des lieux, arrivés avant le soleil. 

Thursday, November 4, 2021

moby dick

Un vieux monsieur avec un sac en plastique blanc qui colle son téléphone portable à l'oreille, il se positionne pile face à la porte du métro qui s'ouvre. Les gens sortent sur le quai comme les mots d'une grande gueule. Il n'entend plus rien, ne bouge pas, laisse s'écouler le flot avant de viser le premier siège libre et de reprendre sa conversation dans le ventre de la rame.

Thursday, September 30, 2021

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L'automne est là et aujourd'hui il rayonne. Il m'invite à être plus rigoureuse dans mes prescriptions : 3 pages de Virginia Woolf tous les matins. Assez pour faire des merveilles et sauver la journée.

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Elle est à la mode, Virginia... Qu'en aurait-elle pensé ? En tout cas, à quelque chose newsletter est bon. Car grâce à celle de Chanel, j'ai découvert Jeanette Winterson, qui parle si bien d'elle. Et de la condition de celle qui écrit. 

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Ne pas jouer à Tetris avec son temps, mettre des coups de coude dans son agenda, dès le matin, coudées franches, et se réjouir de s'entendre penser à tout et rien.

Tuesday, September 28, 2021

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Je sais que je vais quitter Paris dans pas longtemps. Alors je suis piétonne autant que je peux. Après avoir tant été cycliste ! L'un n'empêche pas l'autre - enfin, depuis la fin du confinement, il y a débat... Cette ville ne se dévoile vraiment qu'à celui qui l'arpente. 

J'y plonge et je suis surprise à quel point elle m'est devenue familière. Prenons le boulevard Magenta, il est devenu un maître étalon, en y passant je mesure les écarts, les avancées de ma propre vie. Toutes les petites rues perpendiculaires, où des enfants jouent en terrain complètement inapproprié en criant des phrases d'adultes, où l'on risque de se prendre la pluie d'un géranium et le trottoir en prime parce que justement la bande de ciel accessible était mouchetée... 

C'est un labyrinthe dont le plan s'est imprimé en moi, j'y marche au radar, de préférence les mains dans les poches, en tout cas sans sac, pitié, pas de sac. Légère et sportive si en basket, légère et fière si en talons. Quelle ville de pourris gâtés. Où l'on se fait livrer des plats pour son chat, où arrivent des huitres de Cancale et où les vins naturels coulent en terrasse. Quelle ville pour encaisser autant de destins, ouvrant, fermant, ouvrant des portes parallèles partout. Tout est si compact, le soir la poudre de Paris teinte grisâtre ne s'enlève qu'après trois cotons imbibés. 

Paris à grands pas, qui sait tant de choses sur moi que j'en frémis. Combien de mois nous reste-il ? 

Thursday, June 10, 2021

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La chemise bleu ciel de banquier milanais, au col rigide, avec cette espèce de long pan arrière, pensé pour se coincer entre le chino et le derrière bien moulé. Pour homme ? Pour moi. Rien de tel.

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La plupart des roses jaunes ont la tête tombante de la captivité, un air vaseux, indice du degré de fête dans le vase. Le petit noeud en raffia n'y fera rien, c'est la fin d'une razzia, elles ont rendu leurs armes, entre tiges désépinées. Leurs boutons pendent par dessus le bord en tristes petite bouées. L'assiette de fruits à l'air plus vivante.

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La douceur de presque l'été et un cerveau qui ne peut pas faire autrement que de décélérer. Je suis déjà sur la bretelle, je sens l'appel des petites routes. Je rêve de platanes au fin fond du mois d'août.

Monday, May 31, 2021

°°

Pivoines. Les blanches, dont deux persistent à ressembler à des boules de glaces à la crème, faisant passer les trois autres archi-ouvertes pour de grosses dévergondées.

Pivoines. Les roses, offertes à Mamy, affreusement emballées par une fleuriste sur-motivée, qui dans leurs couches de film transparent ressemblaient à des barbies dans l'emballage.

Monday, May 24, 2021

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Il n'y a pas de petites joies. Aujourd'hui :

Lire le nom "Krousti Alkistis" sur la boîte aux lettres d'un voisin et imaginer un traiteur grecque au 3ème. #feta

Mettre un nom sur le générique de l'enfer qui retentit entre 3 et 9 fois par jour/nuit depuis l'étage du dessus. Je les ai coincés dans la cage d'escalier. "Excusez-moi, on craque, dites-nous, c'est quoi ?!!". Apparemment ce serait donc The Office qui nous cause des allergies auditives depuis 1 mois. #bingewatching

Saluer d'une grimace entendue en passant à vélo la petite vieille décoiffée qui promène ses chiens rue des Rondeaux - deux vies, même bourrasque, même raz-le-bol météorologique. #bigoudi

Scruter les gens installés en terrasse. Qui sont ces gens ? Avec la réouverture, le rapport de force s'est inversé, c'est l'arroseur arrosé. Les passants piétons observent ces pionniers parisiens du Perrier rondelle, objets de curiosité, juste le temps que l'on reprenne les bonnes vieilles habitudes. #paris