C'est une odeur de haie. Puis le gout d'une chouquette toute plate. Sur les galets, une silhouette de profil installée dans sa chaise basse, bob, bedaine et informations dieppoises. Le jet de la douche que le vent fait partir en biais. L'étendu menthe à l'eau et les bouées jaunes. Le son de cloche de l'église toute proche. Le nail art de la vendeuse de chouquettes. Des familles bronzées-rouge qui se claquent la bise entre deux files à la caisse du carrefour d'Offranville, pastis, coca et doritos. Le concept du pack de cristalline. Les plaques rouges (sur les voitures) des riches touristes belges. Les chaussures de plage encore humides. Les vaches. Les hortensias. Le vert des talus et les nuages qui filent. Le ciel. La mer. La belle vie.
Monday, July 22, 2024
Monday, July 3, 2023
arriver / ankommen
Varengeville. Tout est beau ici. Mon âme réagit à l'inverse d'une huître arrosée de jus de citron : par un mouvement d'expansion, de dilatation soudaine et joyeuse. "Hier bin ich Mensch, hier darf ich's sein."
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Idée de série photo : les parents penchés sur les lits parapluie de leurs petits, manquant de basculer. Embrasser une joue dodue devient un exercice acrobatique pour lequel un gainage quotidien n'est pas inintéressant. Les berceuses ont un air étranglé quand elles sont chantées tête plongée.
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J'ai deux langues et aucune ne convient. Je ne sais pas comment habiller mes mots. Alors ils vont nus, et ils brûlent dedans comme des embryons de possibles. Ils existent mais pas vraiment, parce qu'à la sortie, il faut choisir et ils veulent aller ailleurs et surtout partout en même temps.
Sunday, March 21, 2021
&
Balade dans le bois des arbres qui bouclent, balade à travers le bois bouclé aux branches créatives, où les arbres savent vivre avec une tirebouchonnante vigueur. Ça pousse en boucle ici, sur le circuicui côtier, un premier jour de printemps.
Thursday, March 11, 2021
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Des très grands arbres aux très longues branches frémissent jusque dans les extrémités.
Le voyage continu des nuages comme aspirés à travers le ciel, c'est par là, en avant.
Des silhouettes d'oiseaux noires et nerveuses rendent visite aux uns et aux autres.
Et toute l'agitation à hauteur de haie, secousses dans les feuillages, les boutons s'accrochent et les pétales s'esclaffent, vous n'avez encore rien vu.
Une tempête est prévue sur Varengeville.
Friday, May 1, 2020
homard
Je ne l'ai pas vu, juste en photo. Il faisait la fierté d'un chalet pas loin du nôtre. Nous formons une petite communauté, avec des chalets en sous catégories. Les habitants des différents chalets se croisent sans cesse comme par hasard, lors de promenades, lors d'un marché au village ou le soir pour des dîners non-autorisés par le gouvernement. On y mange très bien, dans cette communauté de chalets.
Et donc le homard, tout rouge, cuit dès son débarquement au col des Saisies (habile clin d'oeil à l'Histoire), pour être dégusté le lendemain à une table habituellement abonnée que dis-je dévouée au boucher de Beaufort. C'est la mer qui fait son entrée à table. Pied de nez à la vallée, aux myrtilles, au veau de race tarine que l'on a vendu hier pour 80€.
Comment est-il arrivé là ? Par un employé de mairie, ou de l'office du tourisme, on ne sait pas exactement. Il faut brouiller les pistes. Il a des contacts fréquents avec Cancale, ville jumelée d'Ille et Vilaine, en région Bretagne. Contacts privilégiés qui valent un échange de marchandises, de délicieux mets, entre deux villes françaises. Le confinement français en toute sa splendeur. Pas question de ne pas déguster. De se passer de fruits de mer quand le coeur nous en dit.
Il existe donc une diagonale Cancale - Les Saisies, un marché noir, avec des homards qui voyagent et des huitres qui ne sauraient tarder à être ouvertes face aux sommets.
Saturday, April 25, 2020
chrysalide
Wednesday, August 29, 2018
rdv
Friday, August 3, 2018
°
Monday, July 30, 2018
retour au havre
Tuesday, May 10, 2016
LH
Si heureuse de retrouver la mer que je voudrais me fondre dans le décors. Ce que je fais, je m'allonge sur les galets et ne bouge plus, je me propose au ciel, je deviens galet heureux et inerte. Je crame, je n'ai pas officialisé l'étape plage, pas encore acheté de crème solaire, pas encore de maillot. Je n'ai pas de natte rembourrée, je suis rouge et cabossée. Le lendemain je me réveille comme un phare, tête qui tourne et allumée, trop de lumière la veille, cervelle en vrille. Heureusement qu'ici la ville est tranquille, la vie aussi, je sais qu'elle ne m'embêtera pas, elle n'emboitera pas le pas sur mes pensées, elle les laisse s'écouler, me tolère généreusement. Mes genoux sont écarlates. Mon corps tout entier s'acclimate. Mes poumons pompent à nouveau, ils atteindront ces prochains jours leur capacité d'extension maximale. L'air de la mer mine de rien donne une mine de marin, donne tout ce qu'il faut, je me sens embrassée, arrivée à bon port.
2
J'ai passé tellement de temps allongée à la plage que le soir dans mon lit je sens encore le poids de mes lunettes de soleil sur le nez. Nez assez rouge en comparaison avec le contour des yeux resté blanc, sorte de masque de bronzage balnéaire. Un bateau de croisière a dû déverser des touristes, de petits groupes trottinent puis s'agglutinent le long des quais, ils n'ont pas l'air d'apprécier tant que ça la terre ferme, se demandent où ils ont mis les pieds. Le Havre a une excuse béton. Elle ne se saisit pas comme n'importe quelle ville, elle qui a scellé un pacte avec la mer, sa force vient de son ouverture, c'est une forteresse inversée, une métaphore-sémaphore de la largesse, une ogresse aérovore. Et puis cette lumière, bon sang, s'arrêtera-t-on jamais d'en parler ?! Cette ville est un anti-mirage, c'est un miracle bien réel, réceptacle et diffuseur de particules lumineuses qui s'agrippent aux parois, qui éclaire comme parfume un parfum.